La Machine Improbable
Le monde peut être vu différemment selon le point de vue que l’on adopte pour l’observer. Un enfant, qui ne voit pas le monde à la même hauteur qu’un adulte, en a par conséquent une appréhension différente. Prenons mon cas comme exemple. Je me souviens du comptoir de la boulangerie que je fréquentais dans mon enfance, il ne m’arrivait pas sous le menton et sa vitrine de bonbons me paraissait mesurer trois mètres de haut.
Aujourd’hui avec mon corps d’adulte je sais que ce comptoir serait pareil à tout autre, qu’il ne m’arriverait qu’à la taille et que cette vitrine qui me paraissait gigantesque, serait aussi quelconque qu’une autre.
C’est un tout autre monde que l’on vit quand on est enfant. On est dans un monde qui n’est pas à notre échelle, on se sent parfois comme les gnomes qu’a décrit Terry Pratchett : l’ascension d’un escalier ou l’ouverture d’un placard en hauteur pouvant s’apparenter à de l’escalade.
C’est donc d’un univers presque fantastique qu’est constitué le quotidien de l’enfant, fait d’un ensemble de choses trop grandes pour lui, ce qui à mon sens, contribue à la vision décalée du monde qu’il peut avoir.
extrait du mémoire