
S’imposer à quelqu’un par une ou plusieurs qualités, charmer, exercer un vif attrait sur autrui et en obtenir les faveurs, cela s’appelle séduire. Inconsciemment, nous voulons tous séduire, et cette séduction passe par notre corps, nos attitudes, notre manière de nous comporter. Le premier contact que nous avons avec l’autre est un contact physique, ce qui impose aux yeux de cet autre notre corps comme représentant de notre niveau social : le physique et la présentation nous évaluent socialement et nous accordent par exemple, le respect ou le mépris, selon que nous soyons jugés « correct » ou non au regard de l’autre. Nous voulons être appréciés de nos semblables. Le fait de vouloir à tout prix se faire accepter des autres impose une constante attitude de séduction, car se mettre hors du champs de ce qui est « acceptable » nous condamne à une stagnation et même parfois à une descente sociale : la société actuelle est basée sur l’apparence, le beau, la vente, le profit. Le beau fait vendre.
Pour la femme, notre culture limite son être à son corps, car le corps renvoie aux sens et donc au désir. En effet, le christianisme décrit le corps comme étant source de péché en rapport à Eve, la fautive, qui par son charme et sa féminité, a fait succomber Adam à la tentation. Elle représente le plaisir sexuel et la séduction, autrement dit ce qui est mal. Sournoise et trompeuse, la femme a été accusée par l’homme d’avoir introduit le péché, le malheur et la mort. L’homme a cherché un responsable à sa souffrance, à l’échec, à la disparition du paradis terrestre, et il a trouvé la femme. La femme provoque la peur, le tourment, notamment dans les sociétés patriarcales. Les Pères de l’Église, célibataires et misogynes, contribuent beaucoup à cette dévalorisation du deuxième sexe dans la pensée médiévale. Eve est la première femme désirée, la première amante, la première tentatrice. Elle sert ainsi d’exutoire à un antiféminisme tenace. Elle est aussi l’occasion pour quelques artistes d’exprimer leurs rêves sensuels et voluptueux, l’attraction mélangée d’inquiétude qui les pousse vers l’image de la femme.
Tous les tabous et les interdits qui ont découlés de cet épisode biblique, engendrèrent la crainte et une ferveur religieuse accrue des hommes, car le moindre péché pouvait conduire à l’enfer ; les femmes, descendantes directes d’Eve, eurent un lourd fardeau de péchés à porter tant bien que mal, dans ce monde régi par l’Eglise. De là, la situation actuelle de la femme, avec par exemple, la violence à leur égard qui dérive essentiellement des rapports de force historiquement inégaux entre les hommes et les femmes, rapports qui ont donné lieu à la domination des femmes par les hommes, à leur discrimination et qui constituent un obstacle à leur avancement.
J’ai choisi aujourd’hui de partir de cette histoire, celle de la femme, de la mettre en avant à travers l’histoire du corps, en parlant de la religion, des rapports homme/femme dans notre Occident, de la séduction tabou d’hier, et aujourd’hui exaltée, mise en avant par les comportements humains, par la chirurgie esthétique de plus en plus à la mode, par l’érotisme et la pornographie banalisés à cause d’une société de plus en plus attirée par le beau, le sexe, par tout ce qui rapporte et qui fait vendre.
Audrey SERIES 2006 (extrait du mémoire)




